1ère semaine

Arrivée mardi soir à l'aéroport de San Javier, après un survol de la côte espagnole (Valencia, Alicante) et ses eaux aux reflets turquoise. Atterrissage mouvementé, pas à cause des turbulences mais des yeux de Céline, qui ont failli exploser pendant la descente – antibiotiques réagissant mal à la pression? On ne le saura jamais. A la sortie de l'avion vers 20h30, l'air est très doux malgré la proximité de la mer, et comme diraient certains, ça sent l'été... Premier dépaysement : la présence de nombreux palmiers sur le tarmac de l'aéroport, et pas que pour la déco apparemment. Rencontre des premiers étudiants Erasmus (des Belges, heureusement francophones :-)) dès l'aéroport. Après un voyage en taxi partagé à 4, Nous arrivons à Murcia à 22h ; les rues sont bondées, et pas que des jeunes (qui sont par ailleurs en nombre ici – dont quelques 450 étudiants étrangers), des papis discutent sur les bancs, des enfants jouent, on se croirait en pleine soirée un samedi d'été. Après s'être installés à l'hôtel Hispano 1, nous profitons de la température estivale pour sortir et explorer les environs. En demandant notre chemin, nous constatons que l'espagnol parlé ici est loin de ce qu'on nous apprend à l'école. Ici par exemple, les s à la fin des mots se prononcent rarement ; et nous arrivons à déduire que « ago ma ? » veut dire « quelque chose de plus ? » (« algo más ? »). Dans un restaurant à tapas, le serveur voyant que nous ne savons pas quoi choisir (et avouons-le, ne comprenons pas un mot du menu), nous propose une marinera (salade compacte de pommes de terre et de mayonnaise avec des rosquillas – sorte de grissinis espagnols).

Après une longue nuit de récupération et un périple dans les rues de Murcie, nous parvenons à nous rendre aux relaciones internacionales pour prendre contact avec l'université. Heureusement pour nous, l'équipe semble être plus habituée à la présence d'étudiants étrangers, et c'est avec grand soulagement que nous comprenons les explications de la jeune fille du service. C'est aussi pour nous l'occasion de nous enquérir des possibilités de logement, qui semblent se restreindre en cette fin de mois de septembre. Malgré tout, les annonces fleurissent çà et là, et nous relevons autant de numéros que nous pouvons.
Le département de bellas artes se trouve au campus d'Espinardo, à quelques minutes de bus. Ce dernier est de la taille d'une petite ville, ce qui nous vaut une dure marche sous le soleil pesant. Dans cet environnement désertique, les températures avoisinent les 30°. L'air est sec, on a les lèvres gercées. Après une tentative de discussion avec le concierge, nous rencontrons Eva, notre tutrice, qui vient spécialement pour nous avec ses deux charmants enfants. Elle nous explique que la rentrée pour nous se fera en douceur, à l'espagnole en somme, qu'il faut d'abord que nous trouvions où nous loger et nous installer. Eva semble être la gentillesse incarnée, et c'est avec plaisir que nous acceptons de nous faire ramener en voiture dans le centre-ville.
Nous achetons un journal d'annonces pour compléter note agenda de pisos, et c'est en prenant mon courage à deux mains que j'appelle et communique dans un espagnol approximatif pour nous trouver un toit sous les plus brefs délais. L'hôtel Hispano nous revient à 35¤ la nuit mais l'absence d'eau vraiment chaude et d'une douche digne de ce nom nous donne envie de nous installer au plus vite.
Cet hôtel est en quelque sorte le lieu de transit pour tous les étudiants Erasmus en attente d'un vrai logement. Nous y rencontrons ainsi Vanessa et Andrea, étudiantes respectivement anglaise et allemande. Nous décidons de nous rendre ensemble à une soirée spéciale Erasmus avec bières gratuites :-0 organisée au café du coin. En chemin, nous nus arrêtons au bar Menos Cuarto et rencontrons une vingtaine (sans exagérer) d'étudiants venus de toute l'Europe, voire du monde entier : Juny la Belge, Eudes et Jo les Français, Dana la Tchèque, Cecilia l'Italienne et même Rachel l'Américaine, avec qui je passe la soirée (jusqu'à 4h) à parler de linguistique, de politique et à imiter nos accents respectifs.
Nous avons du mal à croire que tant de choses se soient produites en une journée, à tel point que Céline ne me croit même quand je lui dis que nous sommes arrivés la veille.

C'est avec la « resaca » (gueule de bois) que nous nous réveillons jeudi (surtout Céline après sa Tequila de trop la veille lol). Nous devions revoir Raquel, qui s'occupe d'aider les étrangers à se trouver où loger, mais le réveil programmé à 8h30 peine à nous tirer de notre profond sommeil. Il est pourtant l'heure de se trouver un vrai logement. Céline a fait connaissance la veille d'Antoine, barman exilé, qui lui propose une colocation dans le quartier de la Merced pour 150¤. Quant à moi, j'appelle un numéro trouvé sur une cabine téléphonique et un rendez-vous est programmé pour l'après-midi. L'offre me semble plus que correcte, 136¤ charges et comunidad (frais de communauté, autrement dit assurance en cas de réparations) compris. Malgré le fait de devoir partager ma chambre avec un autre étudiant, j'accepte l'offre car j'ai trop peur de me voir chercher encore quelque temps juste avant la rentrée. Nous sortons à nouveau le soir avec des jeunes gens rencontrés la veille.

Vendredi, voici venu le temps du déménagement (enfin!). J'aide Céline à transporter ses sacs jusqu'à l'appartement d'Antoine, venu donner un coup de main aussi. Nous dégustons une marinera au Menos Quarto (le bar d'Antoine) en attendant mon emménagement à 16h. J'arrive en retard pour récupérer mes clés auprès de Juliano, et reste seul à l'appartement, mes colocataires ne revenant que le lundi. Je ne sais si c'est la présence de garçons qui en est la raison, mais l'appart' est sale, plus que sale même. Après quelques courses pour m'acheter de quoi manger et de quoi nettoyer, je décide de passer quelques coups de balai. Je mesure ainsi l'ampleur du désastre sanitaire qui m'entoure : je ne parviens toujours pas à comprendre comment tant de poussière peut s'accumuler dans certains endroits, à moins de ne pas y faire un minimum de ménage pendant un an. Je croise les doigts pour que ce soit une situation exceptionnelle, car je ne peux pas vivre dans la saleté et je n'ai pas envie d'être le seul à m'en préoccuper.
Nous nous sommes donnés rendez-vous avec Céline à la Plaza Santo Domingo, magnifique place aux palmiers entourés de bancs et son gigantesque arbre au centre, en face de l'église. Nous sommes conviés à une fête chez Thibault, le liégeois rencontré à l'aéroport. Nous y rencontrons à nouveau une ribambelle d'étudiants italiens, polonais, espagnols... Je reste à parler anglais (je sais, ce n'est pas comme ça que je vais faire des progrès...) avec Marion, Miriam et Isabel, Autrichiennes étudiantes en communication. On nous parle d'une soirée le lendemain dans les montagnes alentour à laquelle Céline décide d'aller.La première nuit dans ma nouvelle demeure est plutôt agréable, malgré les 6 centimètres qu'il manque à mon lit pour épouser ma longiligne silhouette... :-)

Je me réveille le lendemain avec l'envie de tout nettoyer à fond, tant pis si je vais peut-être agir comme la bonne de mes colocataires, mais ne supporte plus de ne pas pouvoir me promener en chaussettes sans les retrouver noires en quelques minutes. J'aimerais faire un shampoing aussi mais l'idée de me laver dans la baignoire de laquelle on n'a jamais décollé le tapis me répugne. Je repasse manger chez Céline avant d'aller faire les courses et m'acheter un forfait de portable ainsi qu'un poste pour pouvoir écouter mes Cd. La solitude me pèse, Amel me manque et j'espère que ces deux acquisitions permettront de me changer les idées. Un petit saut à carrefour sous le soleil de plomb et le tour est joué. Que plaisir d'écouter un bon Tower of Power en arrivant ! Pour 40¤, je crois que cela représente un bon investissement. J'appelle mes parents et j'envoie quelques textos pour donner des nouvelles.
Je retrouve les autrichiennes de la veille devant la cathédrale à 21h. Céline étant finalement restée à Murcia, elle m'appelle pour une soirée pâtes chez Thibaut à laquelle nous retrouvons les mêmes étudiants que la veille et faisons la connaissance de Françaises et d'Italiennes. Pour finir, nous sortons et Silvia l'Italienne ramène sa guitare et me la prête quelques instants malheureusement trop courts (ça me manquait aussi). Nous nous découvrons une passion commune pour Incubus (!?) et le temps nous manquant, décidons d'une ultérieure collaboration artistique indéfinie. Les rues de Murcia le samedi sont encore plus bondées que la semaine et c'est parmi les badauds que je rentre « chez moi » à 3h.

Les journées passent de plus en plus vite, à l'image de ce dimanche, où je en fais rien de très spécial. Je m'entends décidément bien avec Miriam, Marion et Isabel et les invite à manger le soir. Mes colocataires arrivent pendant le repas et je rencontre ainsi Paco, étudiant infirmier et compagnon de chambre. Il a l'air très sympathique et s'invite à notre table où nous parvenons à construire une conversation franco-germano-hispano-anglaise autour de la prononciation, les gros mots et autres particularités linguistiques. Je raccompagne les filles chez elles sous l'orage (le premier depuis notre arrivée) et échange quelques mots d'espagnol avec Paco avant de me coucher.

Je me retrouve à nouveau seul aujourd'hui, Julian et Paco étant en cours. Je retrouve comme à l'accoutumée Céline devant le Menos Quarto et nous allons manger de délicieux mets locaux dans un bar à tapas local. Après un après-midi chez Céline, je rentre à la maison. Nous mangeons entre colocs, la bonne ambiance règne. Je rencontre le troisième, Karlos, lui aussi très sympathique. Nous nous mettons d'accord sur l'organisation du ménage ; je suis rassuré qu'ils se préoccupent de cet aspect de la vie commune. Je regarde beaucoup la télé, qui regorge de programmes identiques à ceux de la télé française, pour le pire (La boîte, la Star Ac'...) ou le meilleur (Les Simpsons) ; c'est un excellent outil de compréhension.
Disposant de plein de temps devant moi, je décide de prendre de nouvelles résolutions culinaires : je vais enfin mettre à profit le cadeau d'Amel, le livre de la « cuisine de l'étudiant ». Je décide de m'atteler à la crique. Tout d'abord, mes colocs ont du me prendre pour un fou en croyant que je voulais un radiador (radiateur) avec cette chaleur et non un rallador (râpe). Ensuite, l'opération tourne au désastre. Je ne mets pas assez de beurre, je mets le feu trop fort, et finis par brûler le tout. On ne devient pas bon cuistot en un seul coup, le chemin est long est difficile, je le sais... Heureusement, avec l'aide de Paco, je parviens à récupérer les restes et à cuire quelque chose de comestible. Il se démène pour sortir quelques phrases d'anglais, mais je préfèrerais qu'il me parle en Espagnol. A ce propos, les Espagnols sont encore pires que les Français en ce qui concerne l'accent.
Je sors le soir avec Juny la belge et rencontre des Roumains. Un nouveau pays à ajouter sur la liste. Nous retrouvons aussi Jo et Eudes de Saumur, rencontrés lors de notre première soirée, et c'est chez eux que nous finissons la soirée. Jo me montre sa collection de CD (« montre-moi tes CD, je te dirai qui tu es »), et nous nous apercevons que nous avons la moitié de nos Cds en commun. En outre, c'est un guitariste assez talentueux. Encore une possibilité de collaboration... C'est ainsi que s'achève ma première semaine à Murcia...

Tom.
# Posté le dimanche 16 octobre 2005 13:45
Modifié le samedi 22 octobre 2005 14:45

Palmier sur la Plaza Santo Domingo

Palmier sur la Plaza Santo Domingo
Premier dépaysement...
# Posté le dimanche 16 octobre 2005 13:50
Modifié le jeudi 07 juin 2007 03:30

Hotel Hispano

Hotel Hispano
Première pièce du puzzle...
# Posté le dimanche 16 octobre 2005 13:54
Modifié le jeudi 07 juin 2007 03:30

La Calle Traperia

La Calle Traperia
Regardez à gauche: c'est Céline...
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# Posté le dimanche 16 octobre 2005 13:57
Modifié le jeudi 07 juin 2007 03:30

Plaza Santo Domingo

Plaza Santo Domingo
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# Posté le dimanche 16 octobre 2005 13:59